ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES AU NIVEAU DES TERRITOIRES

Premier point de cette réunion de la section des Éco Artisans, Daniel SELLIER, son président, rappelle que les communautés de communes accompagnent les entreprises au niveau des territoires. Le service Développement économique accueille les entrepreneurs mais aussi tous les porteurs de projets qui souhaiteraient s’implanter sur le territoire en créant ou reprenant une entreprise.

Les programmes locaux de l’habitat gèrent et innovent dans le domaine de la lutte contre la précarité énergétique. Ils peuvent constituer une première piste de développement pour les artisans qualifiés dans la rénovation énergétique.

MA RENOV BORDEAUX MÉTROPOLE

Parmi les initiatives locales, Daniel rappelle l’existence de la plateforme Ma Rénov, sur Bordeaux Métropole. Cette plateforme, destinée à stimuler la rénovation énergétique des bâtiments, est gratuite pour les artisans qui souhaitent s’y inscrire : www.marenov.bordeaux-metropole.fr. Elle fonctionne comme toute plateforme de mise en relation des clients (ou bailleurs) et des artisans.

WWW.360TRAVAUX.COM

Impossible de parler plateforme sans aborder 360travaux.com, la plateforme créée par les artisans du bâtiment pour les artisans du bâtiment. N’oubliez-pas de vous inscrire, c’est gratuit, c’est fait pour vous faciliter la vie, puisque vous êtes accompagné de la vérification du contact, jusqu’au recouvrement, en passant par la réalisation des travaux !

ÉCO ARTISAN/RGE : DOUTES ET REMARQUES…

Un peu d’histoire…

ÉCO ARTISAN est un label de qualité développé par la CAPEB en 2008, faisant suite aux engagements du Grenelle de l’environnement. Il s’articule autour de 3 grands engagements :

— proposer à ses clients une évaluation de la performance énergétique de leur logement,

— apporter un conseil global en rénovation énergétique,

— réaliser les travaux dans son corps de métier et en vérifier la qualité.

Rappelons que les rencontres politiques du Grenelle de l’environnement avaient pour vocation de prendre des décisions à long terme en manière d’environnement et de développement durable.

Dans un premier temps, trop peu d’artisans ayant fait cette démarche volontaire et spontanée, avec la nécessité grandissante des travaux de rénovation énergétique, l’Agence de l’énergie et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), avec les pouvoirs publics, ont mis en place le label RGE « Reconnu Grenelle Environnement », qui, avec le gouvernement suivant est devenu « Reconnu Garant de l’Environnement ». Entre les deux, nous avons perdu beaucoup de temps pour un simple changement de dénomination. Du choix Eco Artisan, par passion, nous sommes passés au choix RGE, par obligation.

Depuis 2014, l’obtention des aides, telles que le Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), la prime énergie ou CEE (Certificat d’Économie d’Énergie, et l’éco prêt à taux zéro (Éco PTZ), entre autres, impose la mise en œuvre de travaux de rénovation conduits par une entreprise RGE. Ce label permet aux professionnels, après une formation spécifique, de certifier de son savoir-faire, et guide le client dans le choix du professionnel, en attestant de son inscription au Registre du commerce ou au répertoire des métiers, de la transparence financière et de sa formation.

Aujourd’hui, RGE se décline en plusieurs branches :

— RGE Certibat : professionnels formés à la conception et à la réalisation d’offres globales de rénovation énergétique ;

— RGE Eco artisan : artisans compétents dans les domaines de la performance énergétique et les travaux d’efficacité énergétique ;

— RGE Qualibat : professionnels experts en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables ;

— RGE Qualifelec : professionnels qualifiés dans les domaines des travaux électriques ou l’installation d’appareils utilisant des énergies renouvelables ;

— RGE Qualit’EnR : installateurs de systèmes utilisant des énergies renouvelables.

Paroles d’artisans

Peu efficace, trop complexe, pas rentable… Les artisans entendent bien que l’accession aux aides, par les clients, soit soumise à condition, mais ils critiquent aussi le fonctionnement du label RGE, et se retourne vers QUALIBAT, organisme indépendant choisi pour le gérer.

La réunion de ce soir avait essentiellement pour but de libérer la parole et de chercher des pistes d’amélioration de la situation, en présence de Quentin HANS, attaché parlementaire de la députée Véronique HAMMERER.

Deux des artisans présents ont choisi de sortir du RGE : l’un parce que ça ne lui amène pas assez de chantiers, l’autre, depuis la sortie des fenêtres du CITE… sauf que les fenêtres viennent d’être réintégrées dans le CITE, mais jusqu’à quand ?

Les plombiers chauffagistes n’ont guère le choix. Il semble qu’ils s’en accommodent d’autant mieux que les technologies évoluent vite. Un artisan dit avoir demandé le RGE pour le photovoltaïque qui ne lui a servi que pour sa propre maison : « nous avons choisi les meilleures méthodes, avec des tuiles, dans les règles de l’art, que pouvons-nous faire face à des margoulins qui vendent des panneaux chinois au rabais » ?

Qu’est-ce que cela suppose pour l’artisan ?

Le pré-requis pour être reconnu RGE passe par une qualification professionnelle, à laquelle vient se greffer le label RGE. La formation nécessaire pour cela dépend du type de qualification professionnelle et de la qualification désirée. Exemple : RENOV (3 jours), Qualipack (5 jours), selon l’organisme qualificateur.

L’Eco Artisan doit en plus se munir d’un logiciel de calcul thermique (un investissement supplémentaire d’environ 300 euros) pour effectuer les évaluations thermiques.

Le montant annuel de l’adhésion s’élève à 126 Euros TTC. Suivant l’importance de l’entreprise, le coût peut être plus élevé.

Tous les 4 ans, il faut reconduire les labels, que ce soit Eco Artisan ou RGE. Là, les choses se gâtent. Cela suppose de déposer un dossier qui semble trop lourd pour des artisans déjà noyés sous la paperasse. « Et pourtant, pour nous, c’est plus facile parce que je m’occupe de l’administratif, mais je me demande comment peut faire un artisan qui travaille seul », dira une adhérente.

« Et je ne vous explique pas le travail quand vous avez le RGE pour plusieurs qualifications », dira un autre.

Au bout de deux ans, l’artisan est audité. Le montant de cette opération s’élève à 315 euros. Il est clair que l’investissement n’est pas amortissable par un artisan qui fait peut de chantiers pour lesquels les aides sont demandées. « Il est vrai que les gens, par pudeur, ne nous disent pas toujours s’ils demandent un crédit d’impôt », reconnaîtra un artisan.

« Effectivement, demander le RGE n’est pas nécessaire pour tout le monde. Certains artisans ne le comprennent pas, ils pensent même que le RGE est nécessaire pour que le client bénéficie d’un taux réduit de TVA, alors que ça n’a rien à voir », ajoute Daniel SELLIER.

Que pouvons-nous proposer ?

« Ne pas laisser n’importe qui s’installer sans compétence ! », dira un artisan. Selon lui, il semble que le RGE soit davantage un label commercial que la reconnaissance d’une réelle compétence. « Parce que chacun travaille pour sa pomme », ajoute t-il. « Or la rénovation énergétique demande méthode et rigueur. On commence par le toit, puis on descend vers les parois et fenêtres, la ventilation, puis la chaudière. Installer une chaudière à condensation dernier cri dans une maison mal isolée, ce n’est pas très utile. »

Pour cette même raison, un autre souhaiterait que l’étude thermique préalable soit rendue obligatoire : « Au départ, l’idée était bonne, mais il y a eu dérapage ».

La simplification de l’organisation est unanimement demandée : « Il ne faudrait pas que nous ayons les labels Eco Artisan et RGE à reconduire la même année, c’est trop lourd administrativement parlant ». Peut-être que les dossiers devraient être dématérialisés, cela permettrait de ne pas avoir tout à refaire en totalité pour des entreprises ayant le label de très longue date ?

Daniel Sellier propose de remonter les informations auprès de la Confédération pour contribuer à la recherche de pistes d’amélioration. Il conclut en rappelant qu’il est important pour tous que les adhérents puissent témoigner de leur expérience : les responsables des sections métiers sont à leur écoute et agissent pour le collectif.

 

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