La CNATP Gironde

La CNATP Gironde

Qualité, savoir-faire, proximité : les petites entreprises des travaux publics et du paysage méritent d’être bien valorisées. La réunion de vendredi, sur le salon Aquibat, marquait le renouveau de la CNATP Gironde, Chambre Syndicale des Artisans et Petites Entreprises des Travaux Publics et du Paysage. Historiquement, cette confédération a toujours été proche de la Capeb.

En présence de l’épouse d’Alain MASONI, décédé au cours de l’année 2017, avec Didier RONCAROLO, son successeur à la tête de la CNATP Gironde, bien plus que la présidente de la CNATP nationale, nous recevions une amie en la personne de Françoise DESPRET. A ses côtés, Alain MOREAU, vice-président de la CNATP Maine-et-Loire et Serge SOUCASSE, entreprise de travaux publics, président de la CNATP Midi-Pyrénées.

Les entreprises des TP et du paysage, c’est 64 000 entreprises, 100 000 salariés, 160 000 actifs, 14 milliards de chiffre d’affaires. 94% des entreprises de travaux publics emploient moins de 20 salariés, 98% pour les entreprises du paysage. Depuis l’année dernière, la CNATP est représentative dans les deux branches, présente autour des tables de négociations. En tant que représentante des entreprises artisanales, la CNATP est affiliée à l’U2P.

Outre la promotion de la CNATP, cette rencontre proposait des pistes de développement pour les entreprises adhérentes.

TOITURE VÉGÉTALISÉE

« Le végétal est de plus en plus absent de nos vies citadines » : Françoise a demandé à Alain MOREAU de parler des toits végétalisés. Il est arrivé à cette technique par l’éco construction, son métier d’origine, l’étanchéité et le toit plat, dans la région d’Angers où l’on réfléchit sur les quartiers de demain. « Dans le cadre de la campagne « Imagine Angers », la grande majorité des projets présentés comportent des toits végétalisés et des jardins partagés », dit-il. Le Centre de formation qu’il dirige apporte son soutien aux entreprises qui s’intéressent au végétal.

Alain MOREAU a choisi la toiture plutôt que le mur végétalisé, dont le principal problème, à la verticale, reste l’irrigation. Le toit végétal présente de nombreux avantages : isolant (en chaud comme en froid), isolant phonique, il permet également de mieux réguler le ruissellement des eaux, question importante après les inondations que vous avons connues un peu partout en France.

Ces techniques nécessitent naturellement d’être adaptées au climat et particularités locales. Nous savons chauffer de façon économique, les solutions existent, en revanche, rafraîchir devient un sujet central en génie climatique. Ici, en Aquitaine, comme l’a dit dans son intervention lors de l’inauguration, le président ROUSSET, c’est bien le réchauffement climatique qui est visé.

On peut très bien partir d’une toiture classique et de sa structure porteuse. L’étanchéité, liée également à la résistance à la pénétration racinaire, est primordiale. Un travail est conduit avec les bureaux d’études pour évaluer le poids, sachant que les structures contemporaines permettent d’aller plus loin.

A chaque structure, son support, son drainant, son substrat, son mode d’irrigation, sa sélection de plantes, sedum ou graminées… Le mode extensif ne nécessite que peu d’entretien, pas rapport au semi extensif ou intensif.

La végétalisation ouvre les portes à une recherche esthétique infinie. Il n’existe malheureusement aucun centre de recherche indépendant pour affiner les performances. Tout ce travail se fait en collaboration avec les maçons et les couvreurs. Les nouveaux produits qui arrivent sur le marché, sont plus efficaces et permettent d’augmenter la longévité des toits, 50 ans de pérennité du support, à des coûts qui sont quasiment ceux des toitures classiques.

« C’est presque une philosophie », conclut Françoise DESPRET, prenant l’exemple de ceux qui cultivent leurs légumes sur les toits de Paris, et puis, la nature ça apaise !

LES COOPÉRATIVES DE SERVICES A LA PERSONNE

Françoise DESPRET est convaincue que l’avenir de l’artisanat est dans le modèle coopératif.

Le gros avantage du service à la personne, c’est qu’il permet au client d’obtenir des crédits d’impôt ; or on ne peut pas le faire dans le cadre d’une entreprise classique, il faut monter une deuxième structure, on ne peut pas non plus se servir du matériel, ou du personnel de la première entreprise. Créer une coopérative permet de contourner ces problèmes.

24 coopératives existent maintenant dans les départements. Résultat : 30 millions d’euros ! L’objectif est maintenant de se battre pour que les personnes non imposables, retraitées, ou personnes à revenus faibles aient droit au crédit d’impôt et soient remboursées aussitôt.

Moins de contraintes administratives, le système permet de limiter la concurrence déloyale et le travail au noir, et de proposer un interlocuteur unique. Du coup, toutes nos coopératives sont en augmentation de chiffre d’affaires constante, dit-elle.

« Certaines sont uniquement dans le paysage, d’autres associent les petits travaux avec les artisans de la Capeb. Quand on travaille ensemble, on trouve toujours des solutions. Dans certaines régions, les petites entreprises se faisaient prendre les chantiers d’assainissement par les grosses boîtes. La coopérative peut se positionner sur les appels d’offre. S’il y a un problème, les coopérateurs viennent, même le dimanche, dépanner. »

« Les grandes entreprises l’ont bien compris, elles vont plus vite parce qu’elles maîtrisent toute la chaîne. Avec les artisans de la Capeb, aujourd’hui, nous allons sur la réhabilitation et même la construction », dit-elle. « Ce système est sans limite. Il permet d’aller jusqu’à l’embauche d’un ingénieur architecte ».

En conclusion, la coopérative est un outil duplicable qui va bien à l’artisanat. Parce que les jeunes ont besoin de communiquer, sont moins individualistes, le système répond bien à leurs attentes, avec d’autant plus de sécurité que nos organisations professionnelles apportent un support juridique.

J’invite, quant à moi, les paysagistes à rejoindre la coopérative Arbois car la mode est au mélange de matériaux. Elle sera capable d’assister ces professionnels dans le choix des bois selon l’usage. C’est aussi cela l’esprit coopératif !

Pour tout renseignement :
Marie-Christine LASSERRE
Animatrice de la CNATP à la CAPEB Gironde

Tél. 05 56 11 70 71
mc.lasserre@capeb33.fr

 

 

ee4bcf398ec0c16e041f1a1f45a32647WWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWW