Zéro déforestation, l’artisanat au secours du pin maritime

Zéro déforestation, l’artisanat au secours du pin maritime

Vivons Bois, hier soir, lors de la table ronde organisée par la CAPEB Gironde, s’est mué en « Passion bois » ! Il est vrai que les intervenants étaient de choix : Jacques SOULAS, architecte, constructeur bois, et Jacques LAPORTE, Compagnon charpentier, sont des sommités en Nouvelle Aquitaine, Jean-François LABROUSSE, dirigeant d’une scierie, et Damien GAILLARD du CODEFA, sont également des personnalités reconnues de la filière bois. Tous ont en commun la passion du bois. Philippe DORTHE portait la voie de la Région. Michel DUMON, artisan charpentier, et Frédéric LAFLEUR, responsable de la Section Bois, représentaient la CAPEB Gironde.

« Zéro déforestation, les artisans au secours du pin maritime », un titre volontairement contradictoire et provocateur : d’un côté nous voulons de belles forêts, de l’autre vous voulons des constructions bois. Façon, finalement, de se demander si le discours de l’écologie politique ne s’impose pas comme un discours d’autorité sur ceux qui vivent et valorisent les ressources de la terre ? Plus d’une heure d’échanges, simplement pour faire tomber quelques idées reçues.

La déforestation ne concerne pas notre pays. Les surfaces boisées n’ont pas cessé d’augmenter depuis la fin du XVIIIe siècle et la France, chaque année, ne consomme pas le bois qu’elle produit. On peut donc légitimement s’interroger sur les raisons qui font que nous exportons autant de bois du Nord ? La réponse est naturellement d’ordre économique.

Les forêts françaises sont des forêts artificielles, le réchauffement climatique, après les tempêtes passées, nous amène à réfléchir autrement la forêt. La forêt des Landes de Gascogne n’y échappe pas. Initialement plantée pour fixer les dunes du littoral et pour assécher des zones humides, il s’agit, désormais, de trouver un équilibre entre une utilisation raisonnée et la préservation d’un patrimoine inestimable et vital.

Le bois est un matériau renouvelable et nous avons, en Aquitaine, toutes les ressources nécessaires. Parce qu’il capte le carbone, son exploitation est utile à l’environnement. Enfin, la maison bois est confortable et s’adapte parfaitement à l’environnement. A côté, de cela, Jacques SOULAS, l’architecte et charpentier, s’interroge : est-il nécessaire de construire des immeubles en bois ? Pour lui, la construction n’est pas véritablement gourmande en bois, mais la gestion des forêts doit rester raisonnée.

De la conception à l’exécution, la maison bois repose sur une association de compétences spécifiques. Il est indispensable de tenir compte à la fois des impératifs de la construction et de ceux du matériau. Cela ne s’improvise pas. Jacques LAPORTE, en amoureux du bois et de l’apprentissage, rappelle la nécessité de transmettre les savoirs.

Travailler ensemble, réfléchir ensemble : un thème cher aux Artisans Citoyens, il trouve ici tout son sens. L’enjeu, nous l’avons vu, reste d’importer moins et d’utiliser mieux les ressources locales. Le CODEFA (Comité de développement Forêt Bois Aquitaine) est là pour cela : il regroupe les organismes et les organisations professionnelles régionales autour d’objectifs opérationnels et notamment d’actions de développement, de promotion et de formation, rappelle Damien GAILLARD. Pour ce jeune ingénieur agronome, il n’est pas possible de séparer l’arbre de son environnement, y compris environnement économique. Dans l’arbre, tous les niveaux sont exploités, depuis le tronc pour la charpente, jusqu’aux branches pour d’autres applications industrielles.

A la question d’un adhérent de la CAPEB « pourquoi l’importation de bois exotiques qui détruit les forêts de la planète ? », nos experts répondront : chaque bois est utilisé pour ses caractéristiques propres, mais la construction n’en ai pas véritablement responsable. Selon eux, l’expansion des surfaces agricoles est la première coupable.

Le pin maritime a t-il besoin que les artisans volent à son secours, comme le prétendait notre titre ? C’est Jean-François LABROUSSE qui, avec beaucoup de pudeur apportera la réponse. Évidemment, le pin maritime se porte bien dans notre région, en revanche, le dirigeant de la scierie de Préchac, chasseur et amoureux de sa forêt, parce qu’il vit la difficulté du métier et la concurrence des bois du nord, est sensible à la valorisation et à la promotion de son travail par ses amis artisans. Selon lui, c’est dans la qualité que se trouve le salut de la forêt des Landes de Gascogne.

Philippe DORTHE rappellera, quant à lui, le rôle de la région pour soutenir à la fois la filière bois et l’apprentissage. 90% de la surface forestière appartient à des propriétaires privés, avec 2,8 millions d’hectares, la forêt occupe 34% de la surface de notre région, cela donne une idée de l’enjeu pour la Nouvelle Aquitaine. Il n’y a pas seulement le pin maritime, puisque 62% sont des feuillus (chênes et châtaigniers). Au total, c’est un chiffre d’affaires des entreprises du secteur de près de 10 milliards d’euros qui place la Nouvelle-Aquitaine au deuxième rang des régions françaises.

La région a fait le choix de l’apprentissage, dit-il, rappelant l’opération « caisse à outil », avec le financement intégral du matériel pour les nouveaux entrants, quel que soit le métier choisi.

Tous se retrouvent autour du verre de l’amitié, en faisant la promesse de donner rapidement une suite à ce débat : merci à tous !

Vous conseiller, vous accompagner, vous défendre

Vous conseiller, vous accompagner, vous défendre

« Plus forts ensemble » : le slogan de la CAPEB n’a rien perdu de sa pertinence. Quoi qu’il en soit, nous ne serons jamais mieux servis que par nous-mêmes. Qui, mieux que nous, peut savoir de quoi ont besoin nos entreprises artisanales du bâtiment ?

Nous sommes dans un monde où les choses bougent vite. Entraînés par le flot, nous négligeons de jeter un regard sur le chemin parcouru. La CAPEB Gironde vous invite à profiter de l’été pour faire le point des avancées syndicales de l’année passée.

Télécharger Action syndicale 2017

Tout tend à nous faire croire qu’un artisan, avant d’être un « homme de l’art », est un dirigeant d’entreprise. Or, l’ADN de la CAPEB, ce sont les métiers : l’oublier serait perdre notre âme. Ce qui fait la richesse intemporelle de l’artisanat, ce sont bien nos savoir-faire, ne nous y trompons pas. Les années qui viennent pourraient bien nous le rappeler : nous avons voulu, comme dans la chanson « La Montagne » de Jean Ferrat, une autre vie pour nos enfants :

Leur vie, ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne

En allant chercher, là où elles se trouvent, les compétences qui nous font défaut en gestion, comptabilité, commercial, avec l’aide de notre organisation professionnelle, il est permis à tous de devenir un honorable dirigeant d’entreprise. En revanche, il faut du temps, de la patience et de la passion pour faire un artisan émérite…

Assemblée Générale 2018

Assemblée Générale 2018

Une AG CAPEB Gironde 2018 placée sous le signe de la modernité et de l’ouverture : ouverture vers la nouvelle génération, elle était largement représentée, ouverture vers nos partenaires, quel que soit leur domaine de compétence, ouverture vers les métiers. Signe des temps, les jeunes artisans viennent à leur AG accompagnés de leurs collègues architectes.

Mon ami et complice Jean-Luc CAILLEAU, malade, ayant déclaré forfait, c’est sa trésorière adjointe, Marion GRANET, cadette du bureau, qui m’assistait pour la lecture des comptes. Notre CAPEB est en bonne santé financière. Cela m’a donné l’occasion, une fois de plus, d’expliquer la présence de Philippe LAFARGUE, expert-comptable, et de Philippe GAUDRIE, commissaire aux comptes. La gestion d’une organisation telle que la nôtre représente une lourde responsabilité, la présence de ces deux professionnels est essentielle en terme de conseil, d’accompagnement, elle est aussi rassurante.

Nous avons besoin de compétences extérieures pour gagner en efficacité et nous enrichir d’autres points de vue. Cette année, la table ronde portait sur le BIM. Ce sujet aurait pu en inquiéter quelques-uns, c’est la raison pour laquelle j’ai choisi GR BIM, Émilienne et Jean-Baptiste, pour nous accompagner. Mission accomplie : ils ont su dédramatiser, tout en restant professionnels et exigeants sur le niveau de l’intervention. Merci à eux. Ce partenariat doit maintenant se construire et grandir. Encore un beau challenge !

L’AG est un des rares moments où tous ceux qui font la CAPEB Gironde sont réunis : les artisans, les architectes, les partenaires, mais aussi les écoles. David LABARBE, du BTP CFA, Olivier HERCÉ, proviseur du Lycée professionnel Henri-Brulle de Libourne, Renaud DE LIMA, délégué régional des Compagnons du Devoir, Véronique MARTIN de la Fédération Compagnonnique des métiers du bâtiment, Bernard LAGOUARDE, un des Meilleurs Ouvriers de France, et son épouse, nous ont fait l’honneur de leur présence.

La réussite de notre AG 2018 tient à une alchimie qui émane également du lieu. J’ai choisi le Château La Fleur Morange, d’abord parce que Jean-François et Véronique JULIEN sont des amis, ensuite parce que ce grand cru classé de Saint-Émilion possède une histoire atypique, c’est un vin d’artisan ébéniste !

Notre CAPEB a fêté ses 70 ans. J’en suis le président en Gironde depuis 2011. « Comment continuer à faire du syndicalisme à l’époque de l’individualisme triomphant, du tout dématérialisé, de l’immédiateté ? » Posée différemment, cette question est devenue, avec humour, « Comment ne pas devenir un vieux con ? », dans un texte revu avec mon ami Patrick : « Pourtant, la seule façon de ne pas devenir un vieux con, c’est précisément de lutter. Le coup d’œil dans le rétroviseur ne doit pas être l’occasion d’une noyade dans la nostalgie. Au contraire, nous devons y retrouver les forces pour maintenir notre capacité d’indignation. Ne jamais s’accommoder de la médiocrité. Toujours croire que toutes les luttes sont à mener, même celles que l’on perdra… Et guider les nouveaux venus, en les laissant commettre ce qui ressemble pour nous à des erreurs. Détermination, travail, transmission dans nos entreprises comme dans la vie, voilà les meilleurs remèdes pour éviter de devenir un vieux con ! »

Michel DUMON

Le BIM, cette année on s’y met !

Le BIM, cette année on s’y met !

Ce que je souhaitais, avant tout, c’est qu’on ne nous enfume pas avec le BIM. La table ronde de l’AG de la CAPEB Gironde a été à la hauteur de mes espérances. Émilienne et Jean-Baptiste, de GR BIM, ont parfaitement rempli leur mission : aller à l’essentiel, parler simple et franc, que cela plaise ou non.

Le BIM, c’est simple : un outil numérique collaboratif autour d’une maquette numérisée. Elle centralise les informations relatives au bâtiment. Dans la phase de conception, les acteurs du projet viennent l’enrichir et peuvent la consulter depuis un Smartphone.

Quelle en est la finalité ? Si le BIM permet à la maîtrise d’œuvre de gérer le chantier, son rôle essentiel est de simplifier l’exploitation et la maintenance du bâtiment pour le maître d’ouvrage. Prenons l’exemple d’une maison neuve, il suffira que la maîtresse de maison se connecte sur la maquette, ou avatar, clique sur le volet roulant en panne pour que l’artisan responsable de l’installation soit informé et, disposant de toutes les informations, intervienne dans les meilleurs délais.

BIM, pas BIM ? Pour le moment, c’est la destination du bâtiment et la gestion de sa maintenance qui le détermine. N’oublions pas que nous avons un devoir de conseil : si nous travaillons sur une maison d’hôtes, il est peut-être judicieux d’alerter le maître d’ouvrage sur le sujet.

Si un DOE numérique coûte de 15 à 20 % en plus au maître d’ouvrage, grâce à une logique de maintenance préventive plutôt que curative, on obtient des économies importantes sur la gestion et la maintenance tout au long de la durée de vie du bâtiment.

De plus en plus d’appels d’offre sont demandés en BIM. Il serait dommage de s’en priver d’autant plus que cela ne change pas grand chose pour certains métiers. Pour le peintre ou le plâtrier ce sont quelques lignes d’informations à renseigner dans un tableau Excel, à envoyer à l’architecte.

Pour les artisans travaillant sur la structure du bâtiment, maçons ou couvreurs, et ceux intervenant sur les réseaux, électriciens, plombiers, chauffagistes, cela demande un peu de préparation, sauf s’ils travaillent déjà en 3D. Pour les autres, GR BIM peut se charger de la modélisation 3D, ou les accompagner dans l’achat et la formation du logiciel adapté à leur usage. Cela peut être fait par étapes.

Nous gardons le savoir-faire, c’est seulement la façon de communiquer qui change. Il y a fort à parier qu’une fois formés, on ne pourra pas davantage se passer du BIM que de nos téléphones portables.

La modélisation est faite par l’architecte ou le bureau d’études. Le maître d’ouvrage est propriétaire de la maquette. Il permet à chacun de la visualiser et de valider ses propres données. L’artisan y trouve, instantanément, toutes les informations dont il a besoin pour prévoir son intervention : faut-il installer un échafaudage, quel type de poutre s’y trouve, quelle charge est supportée par la charpente, etc ? Le maître d’ouvrage peut mesurer le temps que nous passons à résoudre un problème, il voit les données et informations que nous ajoutons.

Afin de respecter la législation, les données sont stockées sur des serveurs en France.

Un grand nombre de nos voisins Européens sont passés au BIM. Il n’y a pas encore de décret d’application en ce qui nous concerne. Cependant, face au mal-logement et aux passoires énergétiques, le carnet de suivi du bâtiment sera peu à peu imposé. BIM, Smart City, Smart building : c’est le même sujet, en clair, le bâtiment intelligent. Le BIM permettra, par exemple, des calculs en terme de consommation énergétique. Nous avons, quant à nous, jusqu’en 2022 pour nous y préparer. Mettons à profit ce temps pour nous former au numérique et à la 3D pour ceux qui le souhaitent, afin de pouvoir ensuite travailler en BIM.

Le rôle de la CAPEB est aussi de proposer un plan de transition pour ses adhérents. Nous vous informerons, au fur et à mesure de cette réflexion, des formations et dispositifs d’incitation tel que le crédit d’impôt innovation.

C’est parti : avec nos partenaires GR BIM, les artisans de la CAPEB Gironde sont prêts !

La CNATP Gironde

La CNATP Gironde

Qualité, savoir-faire, proximité : les petites entreprises des travaux publics et du paysage méritent d’être bien valorisées. La réunion de vendredi, sur le salon Aquibat, marquait le renouveau de la CNATP Gironde, Chambre Syndicale des Artisans et Petites Entreprises des Travaux Publics et du Paysage. Historiquement, cette confédération a toujours été proche de la Capeb.

En présence de l’épouse d’Alain MASONI, décédé au cours de l’année 2017, avec Didier RONCAROLO, son successeur à la tête de la CNATP Gironde, bien plus que la présidente de la CNATP nationale, nous recevions une amie en la personne de Françoise DESPRET. A ses côtés, Alain MOREAU, vice-président de la CNATP Maine-et-Loire et Serge SOUCASSE, entreprise de travaux publics, président de la CNATP Midi-Pyrénées.

Les entreprises des TP et du paysage, c’est 64 000 entreprises, 100 000 salariés, 160 000 actifs, 14 milliards de chiffre d’affaires. 94% des entreprises de travaux publics emploient moins de 20 salariés, 98% pour les entreprises du paysage. Depuis l’année dernière, la CNATP est représentative dans les deux branches, présente autour des tables de négociations. En tant que représentante des entreprises artisanales, la CNATP est affiliée à l’U2P.

Outre la promotion de la CNATP, cette rencontre proposait des pistes de développement pour les entreprises adhérentes.

TOITURE VÉGÉTALISÉE

« Le végétal est de plus en plus absent de nos vies citadines » : Françoise a demandé à Alain MOREAU de parler des toits végétalisés. Il est arrivé à cette technique par l’éco construction, son métier d’origine, l’étanchéité et le toit plat, dans la région d’Angers où l’on réfléchit sur les quartiers de demain. « Dans le cadre de la campagne « Imagine Angers », la grande majorité des projets présentés comportent des toits végétalisés et des jardins partagés », dit-il. Le Centre de formation qu’il dirige apporte son soutien aux entreprises qui s’intéressent au végétal.

Alain MOREAU a choisi la toiture plutôt que le mur végétalisé, dont le principal problème, à la verticale, reste l’irrigation. Le toit végétal présente de nombreux avantages : isolant (en chaud comme en froid), isolant phonique, il permet également de mieux réguler le ruissellement des eaux, question importante après les inondations que vous avons connues un peu partout en France.

Ces techniques nécessitent naturellement d’être adaptées au climat et particularités locales. Nous savons chauffer de façon économique, les solutions existent, en revanche, rafraîchir devient un sujet central en génie climatique. Ici, en Aquitaine, comme l’a dit dans son intervention lors de l’inauguration, le président ROUSSET, c’est bien le réchauffement climatique qui est visé.

On peut très bien partir d’une toiture classique et de sa structure porteuse. L’étanchéité, liée également à la résistance à la pénétration racinaire, est primordiale. Un travail est conduit avec les bureaux d’études pour évaluer le poids, sachant que les structures contemporaines permettent d’aller plus loin.

A chaque structure, son support, son drainant, son substrat, son mode d’irrigation, sa sélection de plantes, sedum ou graminées… Le mode extensif ne nécessite que peu d’entretien, pas rapport au semi extensif ou intensif.

La végétalisation ouvre les portes à une recherche esthétique infinie. Il n’existe malheureusement aucun centre de recherche indépendant pour affiner les performances. Tout ce travail se fait en collaboration avec les maçons et les couvreurs. Les nouveaux produits qui arrivent sur le marché, sont plus efficaces et permettent d’augmenter la longévité des toits, 50 ans de pérennité du support, à des coûts qui sont quasiment ceux des toitures classiques.

« C’est presque une philosophie », conclut Françoise DESPRET, prenant l’exemple de ceux qui cultivent leurs légumes sur les toits de Paris, et puis, la nature ça apaise !

LES COOPÉRATIVES DE SERVICES A LA PERSONNE

Françoise DESPRET est convaincue que l’avenir de l’artisanat est dans le modèle coopératif.

Le gros avantage du service à la personne, c’est qu’il permet au client d’obtenir des crédits d’impôt ; or on ne peut pas le faire dans le cadre d’une entreprise classique, il faut monter une deuxième structure, on ne peut pas non plus se servir du matériel, ou du personnel de la première entreprise. Créer une coopérative permet de contourner ces problèmes.

24 coopératives existent maintenant dans les départements. Résultat : 30 millions d’euros ! L’objectif est maintenant de se battre pour que les personnes non imposables, retraitées, ou personnes à revenus faibles aient droit au crédit d’impôt et soient remboursées aussitôt.

Moins de contraintes administratives, le système permet de limiter la concurrence déloyale et le travail au noir, et de proposer un interlocuteur unique. Du coup, toutes nos coopératives sont en augmentation de chiffre d’affaires constante, dit-elle.

« Certaines sont uniquement dans le paysage, d’autres associent les petits travaux avec les artisans de la Capeb. Quand on travaille ensemble, on trouve toujours des solutions. Dans certaines régions, les petites entreprises se faisaient prendre les chantiers d’assainissement par les grosses boîtes. La coopérative peut se positionner sur les appels d’offre. S’il y a un problème, les coopérateurs viennent, même le dimanche, dépanner. »

« Les grandes entreprises l’ont bien compris, elles vont plus vite parce qu’elles maîtrisent toute la chaîne. Avec les artisans de la Capeb, aujourd’hui, nous allons sur la réhabilitation et même la construction », dit-elle. « Ce système est sans limite. Il permet d’aller jusqu’à l’embauche d’un ingénieur architecte ».

En conclusion, la coopérative est un outil duplicable qui va bien à l’artisanat. Parce que les jeunes ont besoin de communiquer, sont moins individualistes, le système répond bien à leurs attentes, avec d’autant plus de sécurité que nos organisations professionnelles apportent un support juridique.

J’invite, quant à moi, les paysagistes à rejoindre la coopérative Arbois car la mode est au mélange de matériaux. Elle sera capable d’assister ces professionnels dans le choix des bois selon l’usage. C’est aussi cela l’esprit coopératif !

Pour tout renseignement :
Marie-Christine LASSERRE
Animatrice de la CNATP à la CAPEB Gironde

Tél. 05 56 11 70 71
mc.lasserre@capeb33.fr

 

 

Aquibat 2018

Aquibat 2018

14 mars 2018 : Inauguration Aquibat 2018

Difficile de croire, ce matin, lors de l’inauguration du salon Aquibat, que Maribel Bernard, adjointe au maire de Bordeaux, représentant Alain Juppé, et Alain Rousset, président de région, vivent dans la même agglomération !

« On construit beaucoup à Bordeaux, dans la ville et la métropole, 7000 logements nouveaux par an, on attend 4 millions de m2 à l’horizon de 2030 : un peu de boulot pour vous tous », dit-elle. Il est vrai que les artisans sont assez peu nombreux dans la salle.

Alain Juppé sera présent jeudi pour signer la charte du bien construire à Bordeaux Métropole, annonce t-elle, avant de partir dans l’énumération de tous les nouveaux et prestigieux édifices de la ville.

Pour Alain Rousset, président de région, il devient urgent de repenser l’urbanisme : « La massification de constructions est un drame (long silence). Faisons passer le cadre de vie, la qualité, avant tout. C’est ce que nous laisserons à nos enfants, à la planète », avant d’ajouter « Derrière, une trop grande densification, il y a l’impossibilité absolue de se déplacer ».

L’innovation est au cœur de la stratégie que le Conseil régional a mis en place afin d’inviter architectes et entreprises à s’y préparer et à s’unir pour repenser la façon de construire.

« Le réchauffement climatique est un vrai défi, cela concerne aussi bien la sortie des énergies fossiles, l’utilisation du carbone sur pied qu’est l’arbre, le problème de l’eau, mais aussi les villes, demain, devront être repensées, déminéralisées, végétalisées. »

Pour Alain Rousset le bâtiment, ce sont les PME et les TPE, sous peine de tuer ces entreprises. Cela suppose, bien évidemment, que nos entreprises montent en compétence.

Son inquiétude sur l’apprentissage donne lieu à un moment cocasse, lorsque, regrettant que le modèle aquitain, un moment mis en avant, n’ait pas été retenu, il dénonce le lobby exercé par le MEDEF auprès du gouvernement, devant une présidente de chambre des métiers élue par l’argent des majors de bâtiment !

Jean-Jacques Dussoul, président de la CAPEB régionale, m’accompagnait lors de la visite du salon, occasion de rencontrer nombre de nos fournisseurs et partenaires au quotidien.

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